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| Le scénariste et réalisateur de télévision Charbel Khalil, près de sa marionnette dans un studio de télé à Jounieh. Crédit photo: AFP |
"Mieux vaut mourir de rire que mourir tout court. Le rire est une soupape de sécurité. Nous éclatons de rire plutôt que d'éclater de frustration", déclare le comédien libanais André Jadaa à l'AFP. Avec son camarade Pierre Chamassian et leur troupe, il anime depuis des années un spectacle de chansonniers au théâtre et, depuis un an, le programme télévisé "14 sur 8" sur la chaîne LBC. Le nom du programme évoque la tension artérielle, en référence aux maux d'une patrie tiraillée entre deux blocs rivaux: celui du 14 Mars représentant la majorité parlementaire antisyrienne, appuyée par l'Occident, et celui du 8 Mars, l'opposition menée par le Hezbollah et soutenue par Damas et Téhéran. La chaîne OTV, du dirigeant chrétien d'opposition Michel Aoun, offre pour sa part "Maqlab Mratab", caméra cachée prenant souvent les hommes politiques pour cible. La NewTV, du magnat Tahsine Khayat, présente "Erbet tenhal" (la solution s'approche) et Future News de Saad Hariri (majorité) Al-Nachra, parodie d'un journal télévisé. Le dernier né de ces divers programmes est "Douma Cratia", contraction de "démocratie" dont la première partie signifie "poupées" en arabe, présenté sur LBC, et qui rappelle les Guignols, une émission politique satirique française. "On ne rit jamais assez, surtout face aux situations désespérées", dit son créateur Charbel Khalil à l'AFP. "Une petite anecdote peut transmettre un message mieux qu'un long discours moraliste", ajoute-t-il.