Avec un emploi du temps surchargé, le premier passage de Smaïn au Liban n’aura été que d’une journée, pas le temps donc de visiter, mais ce n’est que partie remise comme il nous le dit. Avant même de poser le pied sur le sol libanais, il est agréablement surpris : à l’atterrissage, nous dit-il, le commandant de bord souhaite la bienvenue au Liban à tous les passagers. C’est extraordinaire, dans aucun autre aéroport on ne vous souhaite la bienvenue ! À l’approche de l’aéroport, à travers le hublot, il remarque les constructions à foison. L’image qu’il se fait alors du Liban est différente de celle véhiculée aux nouvelles. Ce qu’il y a de magnifique, c’est que les Libanais, malgré tout ce qui se passe, ne baissent pas la tête. La vie reprend le dessus, tout est en perpétuel mouvement. C’est une caractéristique qui le fait se sentir proche de nous.
Né à Constantine, en Algérie, en 1958, de parents inconnus, Smaïn arrive en France en 1960 dans une famille d’accueil maroco-algérienne. Son absence identitaire est une douleur, mais comme il l’explique, c’est également une chance car elle lui permet d’être dans la quête de l’autre. Tout est une question de sentiment, sa vie a été parsemée d’étoiles, et il a grandi dans l’amour de ses parents adoptifs. Oui, dans sa vie, il l’affirme, il a eu beaucoup de chance.