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  Raccourcis
  Reportage
Les tours modernes de Beyrouth écrasent le patrimoine architectural libanais
 
« C’est un massacre, un crime »

reportage
Gemmayzeh, près du centre-ville, est l'un des rares quartiers à avoir préservé son patrimoine architectural. Mais les étages inférieurs des anciennes maisons sont devenus des restaurants ou des bars. "Nous voulions en faire un autre Montmartre avec des cafés tranquilles. Mais, le quartier est devenu autre chose", déplore le président de l'Association pour le développement de Gemmayzeh, Joseph Raidy, faisant allusion au quartier bohême de Paris. Gemmayzeh renferme la résidence de la famille Sursock, devenue un musée d'art moderne. Construite en 1912, cette somptueuse villa est l'une des plus belles demeures de Beyrouth. Mais son splendide jardin a été rasé pour construire un immeuble de 25 étages. "C'est un massacre, un crime. Il y avait des arbres de 40 mètres de haut", déplore M. Raidy. "J'avais envie de pleurer ... c'était le plus grand, le plus beau jardin de la région. Il y avait un arbre vieux de 2.000 ans", dit Maroun un résident du quartier. Dénonçant la corruption au Liban, M. Raidy a affirmé que le jardin avait été détruit malgré les promesses de la municipalité de le préserver. Jihad Khiyyami, un ingénieur travaillant sur le projet, comprend les propriétaires: "C'était un terrain désert et son développement était autorisé. La demande était élevée", indique-t-il, soulignant que tous les appartements de la tour ont déjà été vendus.

Tarek Mitri affirme pour sa part : "Les propriétaires ne doivent pas être pénalisés parce qu'ils possèdent une ancienne demeure". Une loi, qu'il a proposée, offre aux propriétaires de veilles maisons des exemptions d'impôts et de frais d'enregistrement. La loi a été votée mais elle attend d'être ratifiée par le Parlement. Susan Hamza, qui habitait une demeure construite en 1930, a tout essayé pour sauver la maison lorsque sa famille a voulu la vendre. "Nous avons même envoyé des lettres à des princes arabes (du Golfe) pour leur expliquer l'histoire de la demeure et leur suggérer de la transformer en musée du textile", dit Mme Hamza. Ils n'ont jamais reçu de réponse.
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