« Pour moi, c’est comme si c’était hier. Le tramway passait juste par ici », se souvient Salim, 78 ans, qui réside à Dora. « Je prenais le train de Dora jusqu'à la place de la Tour (aujourd’hui nommée Place des Martyrs ndlr) ». Etant donnée la taille du tramway, nombreux sont ceux qui le considéraient comme un authentique train et utilisaient ce mot pour le décrire. Le tramway avait deux lignes : la première allait de Furn Al Chebak à Manar, « près du célèbre restaurant Saroufim », précise George, 80 ans, avec un arrêt à Bab Idriss et à la place des Martyrs. La deuxième allait de Horsh à Basta, via Riad el Soleh et Gemmayzé, pour finalement aboutir à Dora. Le service s’arrêtait à minuit. Ensuite, les wagons étaient garés près de ce qui est aujourd’hui le syndicat des avocats à Al Adlieh.
Le tramway avait sa première classe, « la ‘‘Primo’’ dont le billet était à 10 cents », se souvient George. Dans ladite « Primo », les voyageurs s’asseyaient sur des sièges en osier, alors que des sièges en bois accueillaient les passagers de seconde classe pour 5 cents le billet. On pouvait aussi voyager debout, pour un quart de cent… ou prendre le tramway gratuitement en adoptant une technique très populaire, à savoir s’accrocher à l’arrière du train, en s’arrangeant pour ne pas être vu par le conducteur.