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  Raccourcis
  Reportage
Les anciennes demeures libanaises ou la mémoire en péril
Par Joëlle Sabella
Le 23 novembre 2007
 
Au moment où les capitales du monde entier redécouvrent et valorisent leur patrimoine architectural, les Libanais cultivent de nouveau l’exception, cette fois-ci en s’acharnant sans pitié sur leurs magnifiques quartiers traditionnels. Des tours toujours plus hautes et plus somptueuses viennent ainsi supplanter les anciennes demeures libanaises, dépositaires uniques de notre mémoire collective. L’avidité des promoteurs immobiliers le disputant à l’ignorance et au laxisme des gouvernants, les jolies petites maisons du début du XXe siècle finissent par disparaître de notre paysage urbain. Progressivement, irréversiblement. Et le processus n’est pas près de s’arrêter. « Au Liban, le retour à la paix a été encore plus dévastateur que la guerre », commente Fadlallah Dagher, membre du comité exécutif de l’APSAD (Association Pour la Sauvegarde et la protection des Anciennes Demeures). Est-il encore possible de renverser la vapeur ? Et quelles sont les solutions possibles ? Eclairage.
 

reportage
Crédit photo: MAJAL
A ce jour, il n’existe aucun recensement officiel sur le nombre total et l’emplacement exact des anciennes demeures de Beyrouth, et plus largement du Liban. Toutefois, l’on estime généralement que les habitations traditionnelles représentent 2,5% de l’immobilier. Par ailleurs, une étude effectuée par l’APSAD en 1996, à la demande du ministre de la Culture, Michel Eddé, fait état de 1.019 bâtiments traditionnels construits entre 1850 et 1940, tous situés dans les zones péricentrales (Zokak el-Blatt- Basta- Sanayeh- Sodeco- Gemmayze…). A l’époque, le ministère souhaitait restaurer les « édifices les plus intéressants », et créer des ensembles architecturaux uniformes reproduisant le Beyrouth du XIXe siècle. Peine perdue ! Dès sa publication, la liste de l’APSAD souleva une vague de polémiques et de controverses, non seulement de la part des politiciens et des promoteurs immobiliers, mais également des propriétaires eux-mêmes qui ne voyaient aucun intérêt dans la préservation de leurs propres demeures.
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