En quoi consiste le spectacle ?
Ce spectacle est un hommage à la femme du Maghreb et du monde arabe à travers sa danse enracinée dans la terre depuis la nuit des temps. La danse dans cette région est riche et variée, il y a autant de danses que de régions et d’occasions de célébrer la vie ou de conjurer la mort. C’est également une catharsis contre la douleur et les frustrations qu’elles puissent vivre.
Quel est le message que vous voulez lancer dans ce spectacle au moment du conflit Orient-Occident ?
L’occident à mon avis a une vision tronquée de la femme arabe pour diverses raisons que nous n’allons pas développer maintenant. Mais entre autre il est en grande partie ignorant de la femme arabe qui danse, alors que la danse est très présente dans le quotidien de ces femmes.
Danser c’est exprimer le corps et par delà c’est exprimer une liberté et une harmonie avec soi-même et la société dans laquelle elle vit. Elle s’autorise à continuer à danser alors qu’en occident la femme ne danse plus et l’homme encore moins. En occident le schisme entre le corps et l’âme hérité de siècles d’obscurantisme est énorme alors que ce n’est pas le cas dans les cultures arabes.
Pour moi par ailleurs le Maghreb est en langue arabe l’occident de l’Orient. On a toujours un Orient ou un Occident en soi. A travers mon travail artistique et ma gestuelle je mets la lumière sur les points de synthèses positifs entre l’Orient et l’Occident car les civilisations sont le fruit de ces croisements culturels constructifs, quelque soit le discours conflictuel mis en avant.
Quels sont les points importants de la danse arabe que vous allez développer ?
Nous allons développer 4 courants majeurs de la musique et la danse du Maghreb. La musique et la danse Andalouse plus citadine et qui ravive toujours la splendeur de l’apogée de culture arabe. La danse Chaabi plus populaire et rurale. La danse et la musique arabe Classique commune au Maghreb et à l’Orient. La danse saharienne du sud du maghreb. Ces traditions sont toujours vivantes et par ce fait même elles sont interprétées avec beaucoup de liberté jusqu’au point ultime où elles peuvent exprimer notre réalité contemporaine. Une grande recherche dans la musique et les costumes présentera la richesse de ces mouvances tel un tapis d’orient aux mille couleurs.
Qu’est-ce qu’il faut faire pour les droits de la femme arabe ?
Le monde arabe vit une phase très noire de son histoire. Les guerres et les conséquences sur la crise économiques sont catastrophiques. L’homme du coup est opprimé et à son tour il opprime la femme. Il y a un énorme travail de luttes sociales, politiques, économiques et culturelles. De ma place, mon souhait est que, conjointement à cette conquête des droits, les hommes et les femmes continuent à sauvegarder cet espace de liberté qui est la danse. Car danser c’est vivre.