BEYROUTH - Le Liban a rendu hommage dimanche à "l'amoureux de Beyrouth", le "grand" poète palestinien Mahmoud Darwich, décédé la veille aux Etats-Unis et qui a vécu dans la capitale libanaise.
Le Premier ministre libanais Fouad Siniora "a contacté le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et lui a présenté ses condoléances pour le décès du grand poète Mahmoud Darwich", a-t-on indiqué à Beyrouth de source officielle.
"Il est parti, l'amoureux de Beyrouth, qui y a vécu une décennie et a refusé de la quitter durant le siège israélien de la ville" en 1982, réagit de son côté le Courant du Futur, principal bloc de la majorité dirigé par Saad Hariri.
"En le perdant, nous perdons une partie de notre voix et de nos rêves (..).
Ses poèmes continueront au-delà de la mort à planter l'espoir et la révolution dans nos coeurs et dans le coeur de tous les Arabes", poursuit le Courant du Futur dans un communiqué transmis à l'AFP.
Le président du Parlement libanais, Nabih Berri, un pilier de l'opposition, estime lui que "les poètes ne meurent pas".
"Ensemble nous poursuivrons le rêve palestinien et nous ouvrirons les yeux sur le soleil radieux de Palestine", poursuit-il dans un message de condoléances adressé notamment à M. Abbas ainsi qu'au chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal.
Les ministres de l'Information Tarek Mitri et de la Culture Tamam Salam ont également rendu hommage au poète.
Mahmoud Darwich, considéré comme l'un des des plus grands poètes du monde arabe, était né en 1941 à Al-Birweh, en Galilée. Il a vécu au Liban de 1972 à 1982.
Révélé par des recueils publiés des les années 60, c'est à Beyrouth que l'oeuvre de Mahmoud Darwich a pris son élan et sa dimension panarabe.
En 1982, il a écrit pour cette ville assiégée par l'armée israélienne une oeuvre imprégné de la passion qu'il lui vouait: "Ode à Beyrouth".
Ses poèmes "Ma mère", "Rita et le fusil" ou "Passeport", chantés par le compositeur et chanteur libanais engagé Marcel Khalifé, sont devenus des hymnes à la patrie perdue et à la révolte contre l'oppression ainsi que des marques de la guerre civile libanaise (1975-1990).