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Art et culture

Le musée Khalil Gibran

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 14 décembre 2017 à 17h38
Par Milena Djelic
Photo: Camille Bex

« Quand votre ami est silencieux, votre cœur ne cesse d’écouter son cœur. »

Les paroles de Khalil semblaient être plus emplies de sens que jamais lorsque nos pas foulaient lentement les escaliers qui nous menaient à l’ermitage de Saint-Sarkis à Bcharré, au nord du Liban, où l’auteur avait demandé depuis tout jeune à être enterré.

C’était la poésie du Prophète elle-même, qui tout autour de nous prenait forme devant nos yeux émerveillés par la beauté de la végétation, des villages et des collines de cette région, où Hommes et nature vivent en parfaite harmonie, et qui est probablement la plus colorée du Liban entier.

Les belles arcades du Musée, qui sont les premières à accueillir le visiteur, semblent jaillir directement de la roche, surréelles, tout droit sorties d’un autre temps.

Qu’il ait lu ou non le Prophète, que le nom de Gibran résonne de façon familière dans son esprit ou qu’il n’en sache absolument rien, l’arrivée à Saint-Sarkis semble transformer malgré lui le visiteur en pèlerin. Les paroles se font rares, et plus grande est la place laissée à la contemplation méditative pour celui qui arrive au sein de ce sanctuaire, isolé dans la montagne, qui surplombe à la fois la vallée et la petite ville la plus proche, perchée sur les falaises.

La taille réduite du musée, l’architecture, les voûtes et le silence, créent une atmosphère intimiste et amènent facilement celui qui passe d’une salle à l’autre à entrer dans un réel état de recueillement. Le visiteur n’est pas seulement plongé dans le secret de l’art de Gibran, mais directement dans la mémoire de cet homme dont la sensibilité esthétique semble parfois ne faire qu’un avec la grâce de la région.

La petite taille du bâtiment n’empêche pas la variété des pièces qui y sont exposées, ne laissant alors donc la place ni à l’ennui, ni à la lassitude. En effet, chaque salle correspond à une période artistique différente de la vie de Gibran, ce qui permet de mieux appréhender la création de celui dont c’est principalement l’œuvre littéraire qui est retenue.

Le calme du tombeau où repose l’artiste et où sa présence semble presque palpable, clôt la visite, et est probablement le point d’orgue du musée. 

En s’asseyant sur les bancs noirs et sophistiqués qui l’accueillent lorsqu’il sort du musée, le visiteur peut encore à loisir s’enfoncer dans la rêverie et la contemplation, les yeux rivés sur le panorama bucolique qui le pousse à poursuivre son expérience esthétique et sensorielle.

Il semble que se perdre dans ce lieu, est autant un plaisir pour celui qui ne connaît pas Gibran, parce que c’est une bonne introduction à l’œuvre de celui qui est parfois appelé « l’enfant de Bcharré », qui permet jusqu’à un certain point une meilleure compréhension de la région, que pour celui qui n’est pas forcément sensible à son art, parce que le charme des lieux et des alentours semble indiscutable. Celui que Gibran a déjà convaincu, quant à lui, pourra en ces lieux facilement caresser l’âme et la mémoire de cet homme, qui semble par moment pouvoir surgir de n’importe où.

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#Bcharré
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