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Art et culture

L'Insulte de Ziad Doueiri: Le "terrorisme intellectuel" n'a pas réussi à empêcher la sortie de ce "très grand film"

BEYROUTH | Le 19 septembre 2017 à 07h14
Par Edmond Rabbath

Près de deux heures m'ont été nécessaires après avoir vu le film L’Insulte de Ziad Doueiri pour écrire ces quelques mots.

Cela faisait plusieurs années que je n'avais pas mis les pieds dans un cinéma, mais je ne pouvais attendre sa sortie en DVD pour le voir. Et que dire sinon que je suis encore sous le choc. C'est comme si un immeuble de 34 étages m'était tombé sur la tête. Je n'avais pas ressenti cette impression depuis le film de Villeneuve, Incendie, adapté de la pièce de Wajdi Mouawad.

L'Insulte n'est pas un film comme un autre. C'est un très grand film. Et après l'avoir vu, j'ai bien compris la kabale que certains ont lancé contre Ziad Doueiry. Il est interdit à cette gauche déplorable d'ouvrir les pages du passé et de montrer comment certaines de leurs actions ont laissé des plaies ouvertes. Mais heureusement, leur terrorisme intellectuel n'a pas atteint son but, et le film a bel et bien été diffusé.

A travers une insulte, Ziad Doueiry traite du massacre de Damour et des conséquences qu'il a laissées chez les victimes.

L'objectivité est telle qu'il nous est impossible de prendre parti. Nous pouvons seulement avoir de la compassion pour les victimes. Parce que finalement nous sommes tous victimes de ce refus de réaliser cette reconciliation, dont le pays a amplement besoin.

Je vois dans ce film que ce vivre-ensemble n'est qu'une utopie à laquelle certains veulent nous faire croire; et qu'à n'importe quel moment, une étincelle, en l’occurrence une insulte, peut nous ramener 40 ans en arrière.

Heureusement pour moi, je suis, comme Yasser Salamé le dit, un touriste. Cet état que j'ai choisi est un airbag qui me permet de mieux encaisser le choc de l'accident visuel que j'ai vécu et de ce que l'on subit tous les jours.

Ce film, parfait dans sa réalisation, la justesse du jeu de tous les acteurs, la lumière, le traitement du sujet, n'est pas un film de “Bisounours”… C'est un grand film qui dépasse les frontières du Liban, pour écrire une page dans l'histoire du cinéma.

Il est temps pour moi de revoir pour la énième fois Le Dîner de Cons, pour retrouver plus vite le sourire et me rappeler que, pour certains, j'en suis un gros, et fier de l'être.

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#Cinéma, #Cinéma_libanais
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1 Commentaires
houari
04 octobre 2017 à 23h52
La folie t'habite Edmond ! Ton regard tire des balles comme un revolver, ta parole est acérée comme une lame et ta main est leste comme une plume !
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