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Art et culture

"Sporting Club": Beyrouth, entre parenthèses

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 18 octobre 2016 à 09h35
Cette sublime image circule sur les réseaux sociaux... Quelqu'un en connaît-il l'auteur? :-)

Un homme, qu’on imagine journaliste ou écrivain, erre dans une capitale méditerranéenne. Il est là pour interviewer Camille, dont il veut écrire la biographie, ou les mémoires, le projet est un peu flou. En attendant les appels  de ce personnage qui se dérobe à leurs rendez-vous, il passe le temps, au bord d’une piscine, et se laisse absorber par la ville. Cet homme, c’est le narrateur du roman "Sporting Club" d’Emmanuel Villin (paru aux éditions Asphalte en septembre).

Et cette ville, jamais nommée, c’est Beyrouth.

Jamais nommée mais reconnaissable entre toutes. La couverture du livre en représente un secteur finalement assez emblématique (celui de Raouché, la ‘Grotte aux pigeons’, certes montrée sous un angle un peu inhabituel). Les pages du roman dessinent une cartographie de la ville aussi précise que son atmosphère est vaporeuse. On y retrouve le rythme et l’ambiance de la capitale, où la certitude n’existe pas. Ici, c’est ‘Inch Allah’.

L'auteur explique que s’il ne voulait pas mentionner le nom de Beyrouth, c’est notamment pour ne pas réduire son livre à tout ce que cette ville véhicule. Car Beyrouth est une cité fantasmée. Elle fait partie de ces métropoles dont on se fait une certaine idée, une certaine image, figée aux années de guerre civile de 75 à 91, ou au contraire ancrée dans la nostalgie d’une splendeur passée. Une idée, une image, des clichés, qu'Emmanuel Villin a su éviter. Il décrit Beyrouth telle qu'il l'a connue de 2000 à 2007. Journaliste, il y travaillait alors comme correspondant pour plusieurs médias.

Surtout pas de nostalgie

De ces années libanaises, il parle comme d’une parenthèse, pour lui mais aussi pour la ville. "A cette période naissait une vague d’espérance," dit-il. L'armée syrienne occupait toujours le Liban mais "l’espoir était là, l’espoir d’un changement.  En 2001 il n’y avait que deux ou trois cafés rue Monnot. Gemmayze était loin d’être le secteur animé de la nightlife qu’il est devenu par la suite. A l’époque il ne s’y passait rien. 'Le Chef' fermait à 17h et servait les ouvriers du coin" (ndlr : Ce petit resto-cantine est aujourd’hui un incontournable du quartier, cité dans pas mal de guides touristiques sur Beyrouth). 

On profitait alors des plaisirs simples. A l’époque les plages étaient encore abordables. Sur la côte au nord de Beyrouth il n’y avait pas Edde Sands, la luxueuse plage privée, mais Tam Tam Beach, 2000 LL l’entrée.

Pourtant, pas vraiment de nostalgie de ce Beyrouth-là dans "Sporting Club". Juste un constat, profondément aimant, de ce qui était.

Faire parler les bonnes personnes, ne pas se tromper de destin

Nostalgie ou pas, les amoureux du Liban seront probablement touchés par l’atmosphère ouatée du livre, soutenue d’ailleurs par une playlist qu’on vous recommande vivement d'écouter.

Au fil des pages, on reconnaît de Beyrouth les sons, les bruits, les parfums, l’étouffante chaleur qui tombe souvent sur la ville à la fin du printemps, la société aussi, si attachante et irritante à la fois.

Mais que l’on connaisse Beyrouth ou pas, il y a d'abord au cœur de ce roman l’enjeu de savoir faire parler les bonnes personnes. De ne pas passer à côté de l’essentiel.  De ne pas se tromper de projet de vie ou de destin. Et surtout, plutôt que de chercher à percer le mystère de quelqu’un d’autre, de parvenir à percer le sien.

Sporting Club a été nominé pour le prix Stanislas du Premier Roman. Il l’est aussi pour le prix France Liban, qui sera remis au mois de mars. Le livre a été globalement salué par les lecteurs, les libraires et la critique (du Monde des Livres à la Quinzaine Littéraire en passant par Lire et Nyctalopes). 
Emmanuel Villin signera son roman au Salon du Livre de Beyrouth le 10 novembre sur le stand de la Librairie Antoine.

Sporting Club
Emmanuel Villin
Asphalte
Septembre 2016

Tags
#Littérature
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2 Commentaires
houari
20 octobre 2016 à 22h54
Cette photo a été prise à l'angle de la rue Salim Boutros et de la rue Chehade. C'est à côté de la Charles Malek dans le quartier Ashrafieh.
Cette information reste à confirmer. Quelqu'un a t il des renseignements plus précis ?
houari
20 octobre 2016 à 16h57
Cette photo est d'Alexander Sertev. Elle s'intitule : Fireworks in Beirut, 22 November 1966.
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