iloubnan.info
( Publicité )
Art et culture

Michel de Bustros: l'art et le vin

BEYROUTH | Le 19 août 2016 à 17h17
Par Ibrahim Tabet
Photo tirée de chateaukefraya.com/

Le fondateur de Château Kefraya est mort ce mois-ci, à 87 ans. Hommage à un homme passionné d'art et de vin.

Michel de Bustros était un grand seigneur. Un esthète raffiné doublé d’un mélomane à  la vaste culture classique.  Amoureux  de la  terre et de son art. Son nom restera attaché à  Château  Kefraya. En particulier au plus noble de ses grands crus, portant significativement l’appellation : « Comte de M.», clin d’œil à la noblesse de son créateur. Il soulignait, non sans fierté, que son vin provenait exclusivement de la propriété et était mis en bouteille au château.  Une spécificité exprimée  par le slogan : «un terroir, un vignoble, un grand vin»  et qui lui aurait valu la mention Appellation d’origine contrôlée,  si elle existait au Liban.

Le domaine de Kefraya étant tout proche de la propriété de  feu mon ami Bernard Fattal, nous lui rendions souvent visite quand nous étions à la Bekaa. Nous prenions autant de plaisir à déguster ses vins que lui à en décrire les subtiles caractéristiques en termes aussi savants que poétiques.

Il  demandait chaque année à une artiste libanaise de peindre un tableau destiné à figurer sur l’étiquette de chaque nouveau millésime des vins rouges de Château Kefraya. Amateur d’opéra italien, il avait créé autour du château un parc enchanteur dont il avait baptisé  les pelouses, minutieusement entretenues, du nom de compositeurs lyriques :  parc Verdi, parc Bellini, parc Donizetti. Tandis que les allées portaient des noms empruntés aux traditions héraldiques  médiévales : allée des Bretèches, place des Gonfalons…Et durant des  années, il y  organisait au printemps  une grande fête de la vigne et du vin réunissant des centaines d’invités dans une ambiance champêtre baptisée  « Dionysalie »,  mot qu’il avait forgé à  partir des  noms  « Dionysos » et « Floralies ».

Dans son livre « Du haut d’une Bretèche »  il décrivait en ces termes l’occupation du domaine par l’armée israélienne,  lors de l’invasion  du Liban en 1982 : «  Occupé par la soldatesque  israélienne Kefraya n’était plus Kefraya. Partout l’état de désolation était impressionnant. Ils incendièrent les vergers  et les vignobles et pillèrent le château (…),  détruisant sans aucun scrupule trente-deux ans de travail. » Mais nullement abattu par ce revers, Michel de Bustros entreprit de reconstruire ce qui avait été détruit avec la même passion avec laquelle il avait transformé un terrain aride et rocailleux en ce qui est sans doute le plus beau vignoble de la Bekka. C’est grâce à lui qu’aujourd’hui  Château Kefraya est un des fleurons de l’industrie viticole libanaise sur les marchés mondiaux. 

Tags
#Vin, #Vins_libanais
Donnez votre opinion
1 Commentaires
houari
05 octobre 2016 à 05h58
Je ne bois pas mais force est de reconnaître que le bon vin tel que le pratique Michel de Boutros est un art.
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
                        
© COPYRIGHT 2017 Par Proximity Agency