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Art et culture

BIFF 2015 : le cinéma à Beyrouth, malgré tout

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 24 septembre 2015 à 12h53
Par Elodie Morel
De gauche à droite: Habib Khoury, (directeur du marketing à la banque Société Générale, partenaire officiel de l’évènement), Colette Naufal (Directrice du Festival) et Alice Eddé, (présidente du Festival)

Mercredi matin, hôtel Le Gray, centre-ville de Beyrouth. La conférence de presse du BIFF a lieu au 6e étage. Ambiance feutrée, avec en fond sonore de légers bruits de tasses à café qui s’entrechoquent. Devant les journalistes, Colette Naufal présente le programme de son 15e Festival international du Film International de Beyrouth. Elle parle de la programmation de cette édition, du film d’ouverture le 7 octobre (Le Petit Prince), du film de clôture le 15 octobre (He Named Me Malala). Elle parle aussi des films qu’elle a particulièrement aimés, ceux qu’elle recommande absolument. Elle explique tout ça avec cœur, on se dit qu’elle vit ce festival avec passion.

Elle évoque le jury. Selon le communiqué de presse, il « devrait » être cette année coprésidé par Jonathan Nossiter et Santiago Amigorena. L’usage du conditionnel nous interpelle. Du coup, une fois les discours officiels terminés, on lui demande : « Alors, la composition du jury du festival, elle est confirmée ou pas ? »

Du tac au tac elle nous répond : « Et selon vous, le Liban, il est confirmé ? Vous pensez que demain il sera encore là ? On n’en sait rien, n’est-ce pas ? »

Touché. Du coup, voir que ce festival est toujours là malgré tout, ça force le respect. Par « malgré tout », entendez : malgré l’absence de président, malgré la guerre en Syrie, malgré les institutions qui fonctionnent au ralenti, malgré le manque de financement,  malgré la crise des poubelles. Bref, malgré la « situation », comme on dit ici.

Colette poursuit : « L’an passé il y avait davantage d’espoir dans le pays, avec le nouveau gouvernement, on pensait que tout allait redémarrer et le festival s’en était sorti plutôt bien, pas trop de désistements. Jonnathan Nossiter était là, il avait adoré, c’est même lui qui a voulu faire partir du jury cette année. »

« Cette année, on aimerait évidemment que tout le monde soit là. Mais tout ce qu’on peut faire c’est se dire ‘Inchallah’. »

Plusieurs personnalités ont d’ores et déjà décliné l’invitation.

La directrice du BIFF ajoute « On ne peut pas prendre la responsabilité de la sécurité des gens que l’on invite. C’est impossible, il y a trop d’aléas. Et avec les avertissements émis par de nombreux gouvernements mettant en garde leurs ressortissants contre tout voyage au Liban… » En gros, les artistes acceptent de venir ici à leurs risques et périls.

On se dit que c’est dommage. C’est vrai que le quotidien libanais est difficile (doux euphémisme). Mais quand même. Ce serait bien que les invités viennent faire un saut. Histoire de rappeler que le pouls de la culture bat toujours à Beyrouth.

Festival International du Film de Beyrouth
Du 7 au 15 octobre 2015;
Projections au Grand Cinéma ABC Achrafieh et Salle Montaigne de l’Institut français;
Billets en vente au prix de 7500 LL pour les projections régulières, à partir du 30 septembre au "Grand Cinemas ABC Achrafiyeh" (entre 16h et 22h), et à partir du 8 octobre à l’Institut français.

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#BIFF, #Cinéma, #festival
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