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Art et culture

Beirut Cooks: la capitale à petit feu

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 10 octobre 2014 à 09h27
Par Elodie Morel
Beirut Cooks paraît aux editions Rawiya. Dans cet ouvrage à la fois esthétique, chaleureux et intimiste, des Beyrouthins révèlent leurs petits secrets culinaires et leurs meilleures recettes. C'est une histoire de casseroles, de marmites et de partage, où Beyrouth brûle, cette fois, de passion pour la "bonne bouffe". 
C’est intime, une cuisine. Ce qu’on y concocte est très personnel.

Oui, Beirut Cooks, qui paraît aux éditions Rawiya, est un livre de cuisine intimiste. Il parle de “bons petits plats maison”, mais en allant au-delà des simples recettes. L’auteure, Pascale Habis, s’est rendue chez des habitants de la capitale libanaise. Qu’ils soient connus ou inconnus, artistes ou créateurs, entrepreneurs ou écrivains, hommes ou femmes d’affaires, elle leur a demandé de cuisiner, chez eux, devant elle, leur plat “fétiche”. Celui qu'ils réservent à leurs amis quand ils les invitent à dîner. Celui qu'ils sont (presque) sûrs de ne pas rater.

Les interlocuteurs de Pascale Habis ne sont pas tous des professionnels de l’univers culinaire, et c’est justement ça qui rend ce livre si singulier et touchant.

L’idée de Beirut Cooks est née en juin 2013.

Pascale voulait créer un livre où l'esthétique, l'image, jouerait un rôle crucial. Ce sera un livre de cuisine, mais pas comme les autres. Ce sera Beirut Cooks. Au fait pourquoi la cuisine? Elle réfléchit et lance comme une boutade qu’elle a "mal mangé" pendant son adolescence. Du coup, la bonne bouffe, c’est un peu comme une revanche. Une revanche prise avec plaisir, avec passion, avec un amour sincere pour l'authenticité des produits locaux, la beauté des couleurs et des plats sur les grandes tablées. Pascale est graphiste. Elle se passionne aussi pour la photo. Pour elle la cuisine est un art, avec tout ce que cela implique d’esthétique.

Les photos du livre, des portraits des intervenants en train de cuisiner ou présentant leurs plats, sont magnifiques. On y perçoit l’intimité d’un moment passé dans les coulisses du quotidien. Des petits détails qui font sourire ou rêver.

"A chaque fois," raconte Pascale, "nous nous sommes rendus chez nos interlocuteurs, avec tout le matériel de photo, ce qui n’était pas toujours simple! Le portrait était réalisé pendant cette journée."

Les réactions des participants l'ont parfois étonnée.

“C'était étrange de voir à quel point les gens que j’ai contactés, même ceux que je ne connaissais pas vraiment, ont accepté quasiment immédiatement de participer au projet. Je leur expliquais juste qu’il s’agissait pour eux de cuisiner la recette de leur choix, et ils disaient oui.”

Certains ont une recette fétiche. D’autres en ont six. Certains cuisinent en solo, d’autres en couples.

Dis-moi comment tu cuisines, je saurai qui tu es

Mais tous ont en commun de vivre à Beyrouth, et un engouement pour la cuisine authentique, sans forcément être des experts ni même des passionnés passant tout leur temps libre aux fourneaux. Dans Beirut Cooks, il ne s’agit pas de montrer des professionnels dans l’exercice de leur art. Il s’agit plutôt de montrer ce que la cuisine révèle de chacun de nous.

“En cuisine, j’ai parfois découvert des facettes inattendues chez certaines personnes. L’une, particulièrement loquace, devient silencieuse dès qu’elle commence à cuisiner. J’ai vu des hommes adorer se salir et s’essuyer les mains sur leur tablier, c’était drôle. Une autre adore regarder la couleur de sa préparation évoluer au fur et à mesure de sa recette, avec un plaisir de scientifique”.

Au fil de ses visites, Pascale note aussi cette petite différence entre les professionnels et les amateurs: “Chez les pro, aucune panique, jamais. Tout est sous contrôle. Chez les autres, on perçoit toujours au moins une petite tension. La crainte que quelque chose leur échappe".

Elle poursuit: "Et puis c’était amusant: pour prendre les photos de leurs plats, tous voulaient avant tout que la saveur soit parfaite, ou en tout cas telle qu’ils l’avaient imaginée. Si le goût ne les satisfaisait pas totalement, il était très difficile de les persuader de faire la photo de leur plat. Ils voulaient améliorer le gout avant de nous autoriser à prendre cette photo. C’était amusant. Nous leur disions qu’une photo ne se goûte pas et que le goût du plat serait impossible à percevoir sur l’image!“

Mais peut-être que si, après tout.

Un étrange et captivant mélange des sens, donc, à expérimenter dans ce livre beau et savoureux à souhait.
Tags
#Cuisine, #Beyrouth
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