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Art et culture

Une large place dediée au Design Contemporain dans la 5ème édition de la BEIRUT ART FAIR

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 30 aot 2014 à 13h48
Le design ayant conquis une place à part entière dans l’univers de l’art contemporain, BEIRUT ART FAIR présente, pour la seconde année une plateforme dédiée aux jeunes designers libanais, la BLC Design Platform. Cette initiative a pour objectif de soutenir le futur de la création libanaise.
Celle-ci a été rendue possible grâce à BLC Bank qui s’investit depuis plusieurs années, dans une démarche de développement artistique et culturel au Liban.

Maria Halios, Deema Kotob, Nayef Francis, Anastasia Nysten furent les lauréats de la première édition en 2013, qui réunissait une douzaine de designers.

Cette année, les 3 lauréats de BLC Design Platform sont désignés parmi la sélection suivante: Khaled El Mays, Carlo Massoud, Cyrille Najjar, Joseph Kfoury, Sandra Macaron, Sibylle Tamer Abillama, Wyssem Nochi, Zena Baroudi, Ziad Abillama, Claudia Chahine et Henry Dakak.

En septembre prochain, ils vont exposer leurs prototypes, aux côtés de galeries reconnues dans l’espace design de BEIRUT ART FAIR.

«Le poids et la force du design libanais résident aujourd’hui dans l’excellence de ses artisans. Le financement de cette plateforme est pour nous une manière de soutenir les petites et moyennes entreprises.
A l’issue du salon, les œuvres des lauréats seront réalisées par un professionnel», précise Maurice Sehnaoui, PDG de BLC Bank.

«Le designer maîtrise les volcans du monde»

Philippe Trétiack, journaliste et écrivain, grand reporter pour Elle Magazine et en charge de la chronique architecture de Beaux-Arts Magazine, a été invité à visiter ce parcours et à faire partager ses « coups de cœur ».

Il explique sa démarche en ces termes : « Comme le dit si bien l'architecte libanais Youssef Tohmé, il revient aujourd'hui aux artistes et singulièrement aux bâtisseurs et aux designers de jouer les sociologues.
Dans un pays où les communautés se mélangent et s'affrontent, l'histoire est un fardeau. Qui veut en faire le récit risque le conflit car les mémoires s'opposent et se contredisent.
Aux artistes, donc de trouver un médium qui permettra aux uns comme aux autres de se reconnaître, de se contempler.
L'acte créatif porte en lui un volet politique en ce qu'il lui revient non seulement de penser l'avenir mais encore d'imaginer le passé, de le rendre acceptable et même désirable par tous.

Les designers, dont les travaux suscitent désormais l'intérêt partout dans le monde, n'échappent pas à cette « donnée de Damoclès ». Tordre le fer, souder les métaux, marteler, fondre, scier, couler, pulvériser et coudre c'est encore décrire un pays, lui insuffler un sang neuf, lui forger un destin.

Voilà pourquoi chaque objet, né d'un artiste libanais vaut pour sa forme et pour ses messages perceptibles de front comme à la dérobée. Réduire une œuvre à la politique serait une hérésie, en nier sa dimension en serait une autre.

Loin d'être superflu, le dessin d'une table peut se révéler demain glaive ou main tendue. Combien de discussions, d'arguments échangés autour d'elle ? Le designer ne crée pas des objets, il maîtrise les volcans du monde.»

Focus sur trois designers, « coup de cœur » de Philippe Trétiack


Khaled El Mays

«Un peu Renni Mackintosh, un peu fakir, ses meubles dansent sur l'organique et le jeu des couleurs, le tout nimbé d'un subtil masochisme. Un design en pointe ?»

Le travail de Khaled El Mays s’articule autour d’une recherche sur la multiplicité et la répétition. C’est une démarche axée sur les mutations des objets.

Il explore des bases de données visuelles, pour parvenir à un résultat qui tend vers l’équilibre et une pureté de la forme.

En 2013, il a lancé sa première collection, intitulée RHIZOMES.
Ce terme utilisé en botanique désigne la tige souterraine de certaines plantes, donnant naissance à de nouvelles racines ou à des tiges aériennes. Il évoque les rythmes de la nature et la transformation des textures.

Le rhizome a également une signification philosophique, synonyme de prolifération, de multiplicité… et d’alliance ; c’est ce principe qui conduit Khaled El Mays à utiliser une palette de couleurs et de formes très étendue, qui s’allient entre elles, créant d’insolites associations.

Khaled El Mays

Carlo Massoud

« La douce beauté tactile et le soupçon d'une critique sociale de la condition des femmes dans le Moyen Orient et au-delà. Des poupées en forme d'obus ou bien des seins en forme d'obus ou bien encore des ogives ? Une énigme que l'on voudrait caresser».

Carlo Massoud, Libanais, est devenu architecte d’intérieur et créateur d’objets. Il a suivi une formation de designer à Alba (Académie Libanaise des Beaux Arts), puis il a obtenu un master dans le secteur de la conception d’objets pour les industries du luxe à l’ECAL, à Lausanne.
Cette école lui a permis de côtoyer les grands noms du design international, tels que Ronan Bouroullec, Barber Osgerby, Marti Guixé, Pierre Charpin, Umberto et Fernando Campana, qui, par leurs conseils, ont participé à son apprentissage.
Il puise son inspiration dans une analyse critique de la société qui laisse une large place à l’humour, pour inventer des objets fonctionnels et ludiques. Il réalise des lignes d’objets destinées à l’art de la table, tout en concevant des stands d’exposition, mais aussi des nouveaux styles de packaging, ou encore de mobilier.

“MAYA, ZEINA, RACHA et YARA” sont 4 poupées noires en bois. Le designer réinterprète la tradition du vêtement féminin au Moyen-Orient, en donnant à l’objet une nouvelle fonction ; chaque poupée est vide à l’intérieur pour que l’on puisse y cacher ses trésors.
Tout en rendant hommage à la beauté cachée des femmes du Moyen-Orient, ces poupées, en édition limitée, interrogent le statut de l’objet, dans cette région.

Carlo Massoud

Sandra Macaron

« Entre la légèreté et le poids de la culpabilité, la cage comme une prison et une promesse. Un design entre zen et gêne, délicat, volatile et poétique».

Sandra Macaron a remporté de nombreux trophées en tant que designer multidisciplinaire et plusieurs de ses travaux ont été exposés dans des manifestations importantes dédiées au design.

Elle a remporté le premier prix du concours Robert Bruce Thompson aux Etats Unis, en 2008. Sandra Macaron a suivi une formation à Beyrouth et à New-York, dans le cadre de la prestigieuse Parsons School.
Elle a également suivi des stages à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs à Paris pour explorer le domaine du design industriel, ce qui l’a conduite à s’intéresser plus particulièrement à l’univers du mobilier.
En 2010, de retour à Beyrouth, elle a continué sur cette voie et a créé une entreprise, lui permettant de développer sa démarche créative.

Sandra MacaronElle poursuit sa carrière d’architecte d’intérieur et intervient dans la réalisation de projets résidentiels et l’aménagement de restaurants, tout en dispensant également un enseignement à l’Académie libanaise des Beaux Arts dans le département Architecture d’intérieur et conception d’éclairage.

La série des cages à oiseaux, l’idée qui a donné naissance à cette collection est l’image d’un oiseau épris de liberté, bloqué dans une cage, symbolisant les idéologies et les idées reçues qui nous emprisonnent.
Ce travail est une représentation métaphorique de l’individu face à ses propres systèmes d’enfermement, à ses frontières intérieures et à ses barrières qui limitent sa liberté et sa fantaisie.

Chaque lampe est constituée d’un cadre métallique et de cages qui ont remplacé l’osier tressé traditionnel, par des feuilles de métal découpées au laser. Elles s’inscrivent dans l’héritage des traditions artisanales. Elles sont mobiles et peuvent varier leur position, selon l’humeur du jour, créant ainsi de multiples jeux de lumière et d’ombre.
Tags
#BEIRUT_ART_FAIR, #ArtContemporain
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