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Art et culture

A Beyrouth, la Semaine de la Critique retrouve un public "jeune", "curieux" et "fidèle"

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 06 juillet 2014 à 09h52
Par Elodie Morel
Image extraite de The Tribe, de Myroslav Slaboshpytskiy. Trois fois primé à la Semaine de la Critique 2014 à Cannes, ce long-métrage ukrainien a été particulièrement bien accueilli à Beyrouth lors de sa projection le 1er juillet.
La Semaine de la Critique du Festival de Cannes a comme chaque année posé ses valises au cinéma Métropolis de Beyrouth. Elle y présente sa sélection de premiers et seconds films au public cinéphile libanais du 30 juin au 9 juillet.
Après deux jours de relâche le vendredi 4 et le samedi 5 juillet, la Semaine de la Critique du Festival de Cannes reprend ses projections ce dimanche à Beyrouth, avec un court métrage franco-italien (A Ciambra de Jonas Carpignano) et un long métrage français (Hope de Boris Lojkine).

Comme chaque année depuis 2006, cette sélection cannoise de premiers et seconds films est présentée dans la capitale libanaise, au cinéma Métropolis.

La Semaine de la Critique du Festival de Cannes existe depuis 1962. Elle est depuis devenue un élément essentiel de la Quinzaine.

C’est vers le milieu des années 2000 que cette sélection commence à voyager: au Pérou, au Mexique, au Brésil, au Liban et, à partir de septembre prochain, en Géorgie. "Nous avons voulu emmener ces films dans des pays où ils avaient peu de chance de sortir en salle, et où nous avions repéré un public cinéphile", explique Rémi Bonhomme, coordinateur général de la Semaine de la Critique et également membre de l’association Métropolis, qui co-organise l’événement à Beyrouth avec l’institut français du Liban. "L’idée, c’est de faire se rencontrer un public en formation, et des cinéastes eux aussi en train de se former. On met ainsi l’accent sur la découverte, avec des films qui ne sont pas encore sortis en salle, ils ont seulement été projetés à Cannes."

Chaque année pendant le Festival de Cannes, la Semaine de la Critique présente une vingtaine de films choisis parmi plus de 1000 œuvres. La sélection se fait sur un an. Il peut s’agir de films à gros, moyen ou très petit budget, le seul critère de sélection c’est d’être le premier ou le second film du réalisateur.

L’équipe de la Semaine rencontre autant que possible les jeunes cinéastes un peu partout dans le monde, découvre le contexte dans lequel ils travaillent puis visionne les films candidats à la sélection.

Parmi ces nouveaux cinéastes, certains deviendront mondialement connus. C’est par exemple pendant la Semaine de la Critique que Ken Loach, Bernardo Bertolucci, François Ozon ou encore Wong Kar Wai ont présenté leurs premiers ou seconds films.

"Il arrive de visionner un premier film, qui n’est pas parfait, mais dans lequel on perçoit un souffle particulier, qui nous laisse penser que son auteur va faire parler de lui," raconte Rémi en parlant de son travail. "Mais en fait les choses se compliquent aujourd’hui. Car les nouveaux outils numériques rendent la réalisation accessible à de plus en plus de monde. De nos jours, c’est plus facile de réaliser un film qui ‘tient la route’ techniquement parlant. Ce recours aux nouvelles technologies peut masquer un manque de talent artistique. Mais jusqu’à un certain point seulement. Le souffle artistique reste ce qu’il est, prouesse technologique ou pas."

Entre l'association Métropolis et le public, une relation de confiance

Les films sélectionnés reflètent souvent des tendances mondiales communes, alors qu'ils sont réalisés dans des contextes très différents les uns des autres. Cette année, les thèmes qui émergent sont notamment celui de la survie et de l’affirmation de l’identité. Deux thématiques particulièrement porteuses de sens pour le Liban.

Mais quels que soient les thèmes dominants, le public libanais est très ouvert, très curieux, souligne Rémi, en insistant aussi sur la jeunesse des spectateurs. Alors qu’on se trouve dans le hall du Métropolis pour notre interview, on observe les gens qui arrivent pour la première projection de la soirée. Ils ont entre 25 et 35 ans, pour la plupart.

"Oui le public de la Semaine de la Critique est jeune, surtout au Liban," poursuit-il. "C’est encourageant car les jeunes représentent souvent un public difficile à capter."

Un public "curieux", "jeune"... et "fidèle", aussi. "Le public libanais est toujours au rendez-vous," affirme Rémi. "Il fait désormais confiance à l’association Métropolis qui, au fil des événements qu’elle organise, présente toujours des sélections de qualité. Dans une ville comme Beyrouth qui vit ‘par à-coup’ en quelque sorte, Métropolis est devenu un espace permanent, un lieu de rendez-vous pour les amoureux du cinéma, loin des mondanités. Et cela a été possible grâce à l’association, mais aussi à la réceptivité du public."
Tags
#Festival_de_Cannes, #Metropolis, #Semaine_de_la_Critique, #Cinéma
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