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"Au Bonheur de Yaya" : tous les chemins mènent au Liban

BEYROUTH, par Élodie Morel | iloubnan.info - Le 25 juin 2014 à 09h09

Avec Au Bonheur de Yaya, Zahi Haddad signe un premier livre profondément touchant. De nombreux Libanais de la diaspora se retrouveront probablement dans les émotions exprimées au fil de ce récit, qui emprunte tantôt les chemins de la grande Histoire régionale, tantôt ceux d’un parcours extrêmement personnel. Mais bien au-delà du Liban, ce livre s’adresse à tout le monde, et surtout à ceux qui souffrent de méconnaître leurs racines.

Il y a d’abord cette image, celle de ce bocal tout droit sorti de la cuisine de nos grands-mères, dans lequel on devine du sucre en poudre à la blancheur nacrée et une tranche d’orange acidulée. Il émane de cette couverture d’Au Bonheur de Yaya un parfum de nostalgie, et la promesse de partager une expérience authentique et intime.

Une promesse, justement, c’est aussi de cela qu’est né le premier livre de Zahi Haddad . Au Bonheur de Yaya, sorti en mai aux Editions Tamyras, est la concrétisation d’ "une promesse faite il y a quatorze ans. C’est dire si j’ai pris mon temps" s’amuse l’écrivain. Cet ouvrage raconte l’histoire de son auteur, ses racines, son cheminement, ses voyages entre son pays d’implantation, la Suisse, et le pays de ses origines, le Liban. Oui, marqué aussi par de nombreux allers-retours entre le passé et le présent, Au Bonheur de Yaya est le récit de la vie de son auteur, mais pas seulement. C’est aussi celui de la vie d’une famille, prise dans la grande Histoire du Moyen Orient que l’on redécouvre ainsi, bien au-delà des grandes dates et événements sagement retenus depuis l’école.

Ce livre, "j’y pense donc depuis 2000 mais les choses se sont précisées en 2011". Cette année-là, Zahi, qui rêve d’échapper un peu au quotidien et à son travail dans les relations internationales à Genève, prend un congé sabbatique.

"Je me suis installé à Beyrouth pour me consacrer pleinement à l’écriture." Cette installation est racontée dans Au Bonheur de Yaya avec des détails réjouissants, qui raviront tous ceux qui, simples étrangers expatriés ou Libanais de la diaspora rentrant au bercail, sont venus ou revenus s’implanter dans ce pays.

Pour son auteur, le premier objectif de ce livre était d’abord de "comprendre, de lâcher et d’ordonner les émotions qui m’accompagnaient depuis de nombreuses années : colère inexplicable, frustration par rapport à la méconnaissance de mon histoire, manques créés par des non-dits, etc. La magie de l’écriture m’a permis de déposer ce bagage et mon livre d’en partager une partie, avec énormément de plaisir et de sérénité retrouvée."

Un livre presque thérapeutique, donc.

"Au moment de mettre le point final à mon manuscrit, j’ai ressenti une sorte d’apaisement, comme si un poids s’était subitement évaporé", confirme Zahi. J’ai eu l’impression de pouvoir tourner une page… même si tout n’a probablement fait que commencer. "J’étais, bien sûr, aussi très heureux d’être arrivé jusqu’à ce point final : passer de la rédaction d’articles de presse [Zahi est également journaliste, ndlr] à une histoire de longue haleine vivant de ses personnages, de ses lieux, de ses senteurs et de ses émotions, c’est une grande satisfaction."

Expérience sensorielle

Des senteurs, des émotions, des parfums : Au Bonheur de Yaya est aussi un livre sensoriel, où le lecteur retrouvera l’atmosphère et les sensations qui caractérisent le Liban. Ce livre a du goût. L’histoire est d’ailleurs jalonnée de recettes de cuisines qui ont marqué l’enfance de l’auteur, et celle de tout Libanais ayant goûté à la tradition culinaire de son pays.

Evoquant la rédaction de son livre, Zahi estime qu’elle lui a permis "une meilleure lecture du Liban, puisque je m’y suis arrêté en une sorte de contemplation. En cherchant dans mon passé, j’ai traversé l’histoire d’un pays et d’une région. Une introspection pendant laquelle j’ai accompagné des personnages aussi étonnants qu’universels. J’en ai retiré le Liban d’aujourd’hui, qui me fait me sentir à la maison et me procure beaucoup de bonheur."

Notre conseil : si vous partez cet été retrouver des Libanais installés à l’étranger, glissez donc ce livre dans votre valise. C’est un beau cadeau à faire pour leur redonner, s’ils l’ont perdu, le goût de leur pays, et son amour aussi.

En attendant, vous pouvez découvrir l’ambiance beyrouthine de la signature du livre, qui a eu lieu le 7 mai au Hangout, à Gemmayzeh.

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