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Art et culture

Mehdi Omaïs nous plonge dans Le Sang des Editeurs

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 14 mai 2014 à 10h45
Par Elodie Morel
Le nouveau titre de Mehdi Omaïs, Le Sang des éditeurs, est un roman noir dont le personnage principal, un écrivain ne parvenant pas à se faire publier, bascule dans une folie meurtrière. Il paraît officiellement le 15 mai (Pascal Galodé Editions), après avoir été présenté en avant-première à la FNAC Montparnasse le 15 avril.
Ça commence gore, et ça se termine… Non, on ne va pas vous dire comment ça se termine, évidemment.

Mais sachez tout de même que si les précédentes histoires racontées par Mehdi Omaïs étaient déjà marquées par une certaine noirceur, dans Le Sang des éditeurs, elle nous enveloppe du début à la fin, au fil des pages d’un livre qu’on ne lâche plus une fois ouvert.

Ce roman est une plongée dans les méandres du parcours éditorial. C’est l’histoire de Théophile, un auteur frustré de voir le manuscrit de son premier livre refusé par toutes les maisons d’édition auxquelles il l’a envoyé. Cette frustration va dégénérer en rage meurtrière, conjuguant sauvagerie et organisation méticuleuse.

Avec le style fluide et imagé qu’on lui connaît désormais (Le Sang des Editeurs est son cinquième roman), Mehdi Omaïs met en lumière la violence d’un personnage attachant mais pas trop (aucune apologie du meurtre dans ce roman), pour insister sur celle, émotionnelle, qui agite toute initiative éditoriale.

"Que l'on arrive à destination ou non, le parcours éditorial n’est jamais celui que l’on croit," nous confie l’auteur. "Mais c’est bien évidemment plus dur pour les personnes qui rêvent, en vain, de tenir leur propre livre entre les mains," ajoute-t-il.

Alors qu’on s’interroge avec un frisson sur la part autobiographique de ce roman, il explique que lorsqu’on adresse "un manuscrit à un éditeur, on est porté par une espèce de nuage d’espoir. On y croit. Lorsque les premières réponses négatives arrivent après la longue attente, c’est très dur à vivre. Il y a pire, certes. Mais notre égo, aussi petit soit-il, s’en trouve froissé. Quand on tombe ensuite, dans une librairie, sur l'ouvrage d’une pseudo-vedette qui, elle, a trouvé sans peine son éditeur, il y a une certaine frustration." C'est selon lui probablement en partie de cette frustration, vécue par de nombreux auteurs, que le roman est né.

"Quand on n’est pas dans le ‘sérail’ ou qu’on n’a pas un réseau de la taille de l’Amazonie, c’est plus dur. C’est un fait indubitable, même si beaucoup le nient," résume-t-il, en soulignant ne pas ressentir d’amertume aujourd’hui. Nulle envie de "régler des comptes", donc, dans ce roman. Plutôt une volonté de dire les choses telles qu’elles sont.

L’envoi par la poste, l’attente douloureuse, Mehdi Omaïs connaît. Son premier roman, La Mort est belle a été publié chez Alphée en 2007. Comme Théophile, il en avait d’abord envoyé plusieurs exemplaires par la Poste et avait reçu une succession de réponses négatives, sans explications circonstanciées. Depuis, Mehdi a publié quatre autres romans. Ses critiques de cinéma, au style direct et sans langue de bois, sont publiées dans le quotidien Metro. Et il a également créé son propre blog dédié au 7e Art, Les Cinévores.

Mais le chemin parcouru et les succès enregistrés n'effacent pas le souvenir de la douleur ressentie à la réception des réponses négatives et impersonnelles d'un éditeur. Ces réponses, Mehdi Omaïs les qualifie d’ "atroces". Il concède qu’ "évidemment, au regard du nombre de manuscrits à traiter par les gros éditeurs, il est difficile de personnaliser les réponses. Mais quand on reçoit notre lettre, la déception ne nous permet pas d’avoir une réflexion mesurée."

C’est ainsi que Théophile, l’écrivain déçu, bascule dans la démesure. Jusqu’à la folie meurtrière. L'auteur précise: "Le meurtre, c’est le second degré. C’est là où la satire commence. C’est un homme seul et à cran qui passe à l’acte de manière abjecte. Mais, encore une fois, il ne s’agit aucunement de faire l’apologie de la violence mais de pointer du doigt les frustrations que charrie la quête du personnage principal."

Il poursuit: "Vous savez, quand un auteur rêve d’être publié, cela peut se transformer en obsession. Et quand il n’a pas d’explication, l’incertitude et le flou dans lesquels il se trouve le rongent de l’intérieur. Personnellement je n’ai pas à me plaindre, j’ai trouvé des maisons qui ont accepté de loger mes modestes mots. J’en suis ravi et suis conscient de la chance que j’ai !" Il explique que lui aussi, à ses débuts, avait commencé comme Théophile par "cibler les gros éditeurs, dits ‘historiques’. J’ai finalement été publié par le regretté Jean-Paul Bertrand chez Alphée. Je suis entré par une porte incroyable puisque c’est ce monsieur qui a découvert Michel Houellebecq ou Daniel Picouly alors qu'il était à la tête des Editions du Rocher. Il a cru en moi jusqu’à son dernier souffle et il tient une place particulière dans mon cœur."

Nous aussi, on lui dit merci.
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#Mehdi_Omaïs, #Le_Sang_des_éditeurs, #Edition, #Littérature, #roman, #roman_noir
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