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Art et culture

La Princesse et l'Officier: Les jeunes talents du chant lyrique libanais font entendre leur voix

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 17 mars 2013 à 11h36
De gauche à droite: Fady Jeanbart, Bruno Tabbal, Corinne Metni, Ariane Saguet, Jinan Jaffal et Eliane Saadeh. Crédit Photo: Nadine Jaffal.
Le récital La Princesse et l'Officier, organisé le 7 mars au Musée national de Beyrouth dans le cadre du mois de la Francophonie, nous a donné l'occasion d'écouter et rencontrer de jeunes talents du chant lyrique libanais. Aucun doute: la relève de la discipline est assurée, reste à lui donner les moyens, même petits, de s'exprimer.
Au pied du grand escalier du musée national de Beyrouth, la scène est singulière ce soir du 7 mars. Devant une centaine de personnes, trois chanteurs lyriques, le baryton Fady Jeanbart, la mezzo Eliane Saadeh et la soprane Corinne Metni, interprètent La Princesse et l'Officier, une histoire originale composée par Bruno Tabbal, ponctuée de célèbres airs d'opéra et d'opérette. Installé à l'entrée de la salle, entre deux grands sarcophages datant du 2e siècle, le public est captif. La proximité avec les chanteurs donne un aspect "cosy" à ce moment lyrique, marqué pourtant par la solennité des lieux.

Organisé à l'initiative du ministère libanais de la Culture dans le cadre du mois de la Francophonie, ce récital a en tout cas rencontré un profond succès. "Je ne m'attendais pas à un tel accueil du public," confie après la soirée Fady Jeanbart, qui interprétait l'officier. Il souligne aussi sa satisfaction quant au spectacle lui-même. "Evidemment que nous pouvons l'améliorer, évidemment qu'il y a eu des imperfections, mais le résultat est tout de même gratifiant compte tenu des contraintes en termes d'organisation." Présenté dans un espace qui n'a pas pour vocation d'accueillir les spectacles artistiques, le récital devait se plier aux exigences des lieux et faire avec les contraintes de temps et d'acoustique: du temps, le musée n'en avait pas beaucoup à réserver aux répétitions. Concernant les problèmes liés à l'acoustique, les chanteurs ont utilisé un micro, même si "nous savons bien que ce n'est pas l'usage en opéra," souligne Bruno Tabbal, le metteur en scène du spectacle et auteur de l'histoire. "Mais les lieux ne nous donnaient pas le choix."

Entre le moment de la décision et la date de la représentation, les artistes ont finalement bénéficié, au total, de deux semaines de travail dont trois jours de répétition au musée. Le reste des répétitions a eu lieu "à la maison".

Un challenge… et une mission

"Le ministère de la Culture nous a expliqué qu'il voulait organiser un récital au musée, quelque chose qui ne serait pas rébarbatif," raconte Fady Jeanbart en revenant sur la genèse du projet. "Nous avons pensé à quelque chose de court, (une heure environ), et de narratif, avec une véritable histoire, pas à un simple enchainement d'airs d'opéra."

En quelques jours, Bruno Tabbal compose ainsi cette histoire ponctuée de célèbres airs d'opéra et d'opérette, choisis dans une liste fournie par les trois interprètes. "Nous avions sélectionné des airs que nous maîtrisions vraiment, et que nous pourrions interpréter après un temps de répétition limité."

Bruno Tabbal raconte pour sa part: "C'est vrai que nous avions peu de moyens et de temps, mais cela faisait longtemps que je n'avais pas produit de spectacle avec cette liberté." La Princesse et l'Officier est sa première mise en scène de spectacle lyrique. Si son nom ne vous est pas inconnu, c'est cependant normal: il a remporté la Star Academy arabe il y a une dizaine d'années. S'il est davantage habitué à la variété ou aux chansons plus "populaires", il montré avec cette mise en scène son aisance dans l'univers de l'opéra. Un univers que les interprètes de La Princesse et l'Officier aimeraient bien démocratiser, justement, avec ce genre d'histoire, romantique et fraiche.

Chant lyrique: les jeunes talents libanais sont bel et bien là

L'enjeu de la soirée, c'était aussi de montrer avec une distribution 100% libanaise que la relève locale du chant lyrique est assurée. (Photo ci-contre: Bruno Tabbal, Fady Jeanbart, Eliane Saadeh et Corinne Metni. Crédit photo: Oussama Kallab) 

"Les jeunes talents existent au Liban. C'est ce que nous voulions montrer ici," confirme Fady Jeanbart, qui enseigne à l'Ecole des Arts Ghassan Yammine. " Ces jeunes talents ont besoin des bonnes personnes pour les guider, dans des structures adaptées" poursuit-il.  Il confie tout de même avoir fait venir la pianiste, Ariane Saguet, de France: "Je voulais un chef de chant expérimentée, spécialiste de l'opéra, qui puisse nous accompagner dans la diction. C'est une spécialité à part entière, pas encore très développée au Liban."

Fady attribue la réceptivité du public pendant le récital à la sincérité de l'entreprise. "La réussite d'un projet comme celui-là dépend aussi de l'intention avec laquelle on le réalise et on le présente sur scène, ainsi que des liens qui sous-tendent l'équipe: on doit beaucoup à l'esprit de cohésion du groupe, composée de gens qui s'apprécient, qui voulaient réellement réaliser quelque chose ensemble. Il ne s'agissait pas d'un ensemble d'individus qui viendraient sur scène pour leurs égos respectifs. .."

"Ce serait formidable de pouvoir régulièrement offrir se genre d'initiative au grand public libanais," poursuit Fady, qui a étudié à Paris. "En France, ce genre de spectacle se fait beaucoup. De jeunes artistes écrivent une histoire, avec des airs d'opéra, pour des représentations dans de petits théâtres. Pourquoi ne pas proposer la même chose ici?"

Bruno Tabal travaille pour l'heure sur le livret du spectacle, pour l'approfondir. "Nous espérons à nouveau présenter ce spectacle, avec cette fois plus de temps accordé à l'écriture et la mise en scène. Nous pensons à des lieux comme l'amphithéâtre romain de Zouk Mikael par exemple, et aussi à d'autres festivals, grands ou petits. A bon entendeur…
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#Chant_lyrique, #Musique, #Opéra_libanais, #Opéra, #Chanteurs_libanais
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