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Art et culture

"Cèdre et Baobab" de Mehdi Omaïs: des racines et des hommes

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 23 mars 2012 à 09h46
Par Elodie Morel
Mehdi Omaïs a publié en janvier son quatrième roman, Cèdre et Baobab (chez Pascal Galodé Editeurs). Autant le dire tout de suite: on a beaucoup aimé. Et on va vous expliquer pourquoi.
C'est un livre qu'on lit d'une traite, en général en une nuit. C'est en tout cas ainsi que les lecteurs de Cèdre et Baobab que nous connaissons ont procédé, tout comme nous d'ailleurs. Le geste est toujours le même: on prend le livre, on le lit sans le reposer, point.

On avait déjà observé cette même attitude avec le précédent roman de Mehdi Omaïs, Le Livre Perdu (2009, chez Alphée). Cela tient peut-être au style de l'auteur, à la fois percutant et fluide, qui nous donne l'impression de voir le film de l'histoire se dérouler sous nos yeux. A noter d'ailleurs que l'écrivain est un passionné de cinéma, qui a lancé en 2010 le site d'actualité cinématographique Lescinévores.com. Il écrit aussi à la rubrique ciné du quotidien français Metro et vient d'ailleurs de rejoindre le Syndicat français de la Critique.

Est-ce pour tout ça qu'on a l'impression de voir les personnages principaux de Cèdre et Baobab, Walid et Anna, se matérialiser sous nos yeux? Peut-être. Le roman commence dans un Paris d'aujourd'hui, où les histoires de Walid et Anna vont se croiser et modifier leur destin, les propulser vers leur pays d'origine pour y chercher des réponses, qu'ils trouveront ou pas. Cequi compte pour eux, c'est de retrouver leur terre, pour y replanter leurs racines.

Walid est d'origine libanaise, Anna, franco-sénégalaise. Leur point commun, c'est d'avoir comme "une pièce qui manque" au puzzle de leur identité. Et une sorte d'incapacité à communiquer avec les autres, même et surtout avec leurs proches.

Walid est orphelin, il a été adopté au Liban par une famille française. "Arriver au monde sans savoir qui nous y a invités est le comble de la solitude," dit Mehdi Omaïs. Walid travaille dans les catacombes. "J’ose imaginer, dans une certaine mesure, qu’il tire paradoxalement profit de sa position. Bien en bas, dans le calme des morts. Il fallait trouver une raison assez forte pour qu’il sorte de son trou et aille de l’avant," explique l'auteur sur son personnage. Cette raison, sa rencontre avec Anna va lui permettre de la trouver. Elle va en tout cas servir de catalyseur pour le pousser à trouver les réponses qui lui manquent pour avancer. La jeune femme, elle-même enfermée dans un secret, un lourd interdit qui la consume à petit feu,trouvera elle aussi dans leur rencontre la force d'aller de l'avant.

En France, au Liban ou au Sénégal, on suit les déplacements et les émotions de ces individus. C'est sans doute ça la force principale de Mehdi Omaïs: sa capacité à raconter des histoires provoquant un fort sentiment d'identification aux personnages, qui les rend si attachants qu'on a du mal à les lâcher. C'est aussi une faculté à mêler dans chacun d'eux l'ombre et la lumière, et imaginer des dénouements ambigus ("Je déteste les happy ends" dit-il d'ailleurs).

En tout cas, on espère qu'il a commencé son prochain opus, parce qu'on bout déjà d'impatience.
Tags
#Mehdi_Omaïs, #Sénégal, #Liban, #Littérature
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