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Art et culture

Kientega Pingdewinde Gerard au Festival du Conte: "Le conte est un moment de partage"

BEYROUTH | liveachrafieh.com - Le 17 mars 2012 à 13h31
Le théâtre Monnot, en partenariat avec l’institut français du Liban, accueille le 13ème festival international du conte et du monodrame du 13 au 18 mars 2012 à 19h30. Ce festival international a été créé en 2000. Le spectacle est organisé dans la Crypte de l’Eglise Saint-Joseph et accueille neuf conteurs venus de cinq continents de la Francophonie.
Nous avons eu le plaisir d’interviewer 4 conteurs de nationalités différentes participant au festival du Conte et du Monodrame de Beyrouth: Kientega Pingdewinde Gerard (Burkina Faso), Victor Cova Correa (Venezuela), Stelios Pelasgos (Grèce) et Jihad Darwiche (Liban).

Kientega Pingdewinde Gerard, dit KPG, est pour la 2ème fois au Liban après avoir participé en 2009 dans le cadre de la Francophonie. « La réaction du peuple Libanais était vraiment bonne, c’est ce qui m’a en fait permis de gagner le 2ème prix, catégorie « Conte » des VIème jeux de la Francophonie,» dit KPG. Dans ses contes, KPG s’inspire de ce qu’il voit, ce qu’il lit, ses diverses cultures. « Je viens d’une culture diversifiée (ma mère vient de la culture des chefs de la terre : ce qui ont le pouvoir mystique autour de la terre. Mon père est forgeron.) » Il fait alors un mélange des croyances de la Terre et de la forge. Les histoires qu’il raconte viennent aussi de ce qu’il apprend des gens lors des soirées, « Là où je vais (dans plusieurs pays, en Afrique souvent) nous avons la culture des contes tous les soirs, les gens se regroupent et racontent des histoires, aujourd’hui c’est moins qu’avant, mais ça reste quand même important.» Étant comédien à la base, il a finalement du mal à définir les différences et similitudes qui existent entre un conteur et un acteur. « Selon mon expérience, sur le plan traditionnel, le conte n’était pas un spectacle. Au village, à l’origine, le conte était en famille, en groupe, tous les gens se regroupaient, un conteur racontait et tout le monde pouvait y participer. » Pour lui, c’était un moment de partage, une partie de l’éducation. Il ajoute en disant : « Le comédien passe plus de temps à incarner un personnage, il joue le personnage. Or, le conteur, lui, il dit le texte, raconte l’histoire. C ‘est vrai qu’il y a des comédiens qui racontent des histoires dans les spectacles mais c’est différent. Moi en tant que comédien, je me sers des outils de comédien, et je nourris mon conte pour qu’il puisse avoir une propre dimension. Chez le conteur c’est la parole qui est importante or chez l’acteur c’est le jeu qui s’ajoute. »

Victor Cova Correa lui s’inspire en général des contes millénaires, qui sont passés de bouche à oreille. Il trouve que ces contes changent, évoluent tout en gardant l’essentiel. « Il y a des histoires du passé qui ne continuent pas à être racontées (des romans, poèmes). On peut récupérer de là des choses qui ont été d’abord de l’oralité. On ne dit pas "Ah je vais raconter cette histoire parce qu’elle était connue". C’est toujours des choses qui ressemblent à nous, quelque chose qui vient de nous. Il y a toujours une partie de nous même. Il y a quelque chose qui vient du lieu où on se trouve, du public présent… »

Stelios Pelasgos explique : « Mon grand-père est un grec d’Izmir, et Beyrouth était toujours pour moi comme une ville d’origine. C’était le proche Orient grec. J’ai des amis Libanais et je m’entends très bien avec eux. C’est une ambiance dont je suis très familier avec. C’est comme chez moi. » Dans ses contes, il raconte son histoire et non pas un mythe qui est déjà crée quelque part dont il n’a rien à voir avec. « Nous incorporons les contes. Il n’ya pas de récit qui a un corps. Son corps c’est notre corps. C’est juste la structure qu’on garde mais le texte c’est nous. » Il a commencé comme acteur et metteur en scène. Il trouve que la différence entre un conteur et un acteur est énorme, et en même temps très subtil. « Le conteur est à la disposition d’un récit précis dans un temps précis. Il peut raconter plusieurs histoires selon le public, selon la situation, selon le contexte. C’est un auteur, metteur en scène et auteur en même temps. Tandis que l’auteur est seulement acteur. »

Jihad Darwiche, le directeur artistique du festival de cette année, a grand plaisir à travailler avec des personnes qui viennent de différents pays, différentes cultures ayant un même parcours artistique, mais de différents points de vue. « L’écoute du conte est le même partout dans le monde. Le conte est raconté pour tous de la même façon (avec le cœur non pas la tête). Des fois, c’est la manière dont les conteurs s’expriment qui est différente (selon une culture et une autre, selon l’ambiance sociale). » Il dit que c’est l’expression qui diffère le plus, un public s’exprime différemment qu’un autre public, certains applaudissent au milieu du conte, d’autres attendent la fin. Un public peut aimer un conteur plus qu’un autre conteur (en le trouvant peut être plus proche à lui.) « Il n’ya pas de peuples qui ne s’expriment pas fortement, intimement avec le conte. » 90% de ses contes sont des contes traditionnels, déjà présents. « Chaque conteur raconte à sa façon. C’est une tradition orale. Certains racontent avec les détails, d’autres sans les détails. C’est fondamental. Il n’y a pas de récit fixe. »

Un même conteur qui raconte le même conte plusieurs fois le change à chaque fois, c'est à dire ajoute ou élimine des détails. Pour lui, c’est l’absence du récit fixe qui fait la différence majeure entre un conteur et un acteur. « Sachant que le théâtre et le conte ont chacun leurs propres règles, il y a par contre beaucoup de ponts entre eux. Le théâtre a commencé à partir des histoires imaginaires, des contes traditionnels, qui ont été mis en scène. Et jusqu’aujourd’hui, on a des contes qui sont présentés dans les pièces de théâtre. »
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Live Achrafieh
Tags
#Festival_du_conte, #Monnot, #Conteur
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