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Art et culture

Beirut Prints: Beyrouth en posters, loin des clichés

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 10 janvier 2012 à 18h41
Par Elodie Morel
Beirut's Princess, une photo de David Hury pour son projet Beirut Prints.
Elles sont exposées au café De Prague à Hamra jusqu'au 5 février et peuvent atterrir sur vos murs si vous décidez de les acheter: les affiches du projet Beirut Prints, signées de plusieurs photographes libanais, invitent à regarder la capitale autrement. Et à l'heure du tout digital, elles nous rappellent aussi que les cadres numériques, c'est joli, mais qu'une photo papier grand format chez soi, ça a de l'allure aussi.
La Blanche-Neige de Disney… avec, au bras, ce qui ressemble à un M16.

Ce graffiti, dessiné sur un mur de Beyrouth, a été saisi par l'objectif de David Hury. La photo, intitulée Beirut's Princess, fait partie du projet Beirut Prints, que ce journaliste et photographe français installé au Liban depuis de nombreuses années vient de lancer: il s'agit de proposer à la vente des affiches illustrant la capitale libanaise. La première série compte 28 posters. Vous les avez sans doute déjà vus: signés de David Hury et d'autres photographes, ils s'affichent sur des présentoirs installés dans différentes points de ventes un peu partout à Beyrouth. Ils sont aussi sur Internet, où l'on peut les commander en ligne sur plusieurs sites ecommerce. Enfin, ils sont exposés au café De Prague, à Hamra, jusqu'au 5 février.

Insolites, surprenantes, décalées, ou au contraire reflétant des détails du quotidien, ces affiches interpellent et finalement donnent une autre image de la ville. Ça tombe bien: David Hury explique qu'il en a marre de participer à la mauvaise image du Liban et de Beyrouth. "En tant que correspondant de presse étrangère, (ndlr: La Croix, 20minutes et Le Soir) il est trop rare d'écrire des sujets 'positifs' sur ce pays," dit-il, ajoutant que "les rédactions étrangères ne s'intéressent au Liban que quand cela va mal."

D'ailleurs on se rend compte que pour ouvrir l'article que vous êtes en train de lire, on a choisi la photo de Blanche-Neige et son fusil ... Comme quoi, la violence colle toujours à la peau de la capitale. Pourtant, on aurait pu sélectionner l'un des 27 autres posters déjà mis en vente dans le cadre du projet, qui invitent plutôt à la rêverie qu'à la guerre, comme ces escaliers laissés à l'abandon (ci-contre, photographe: Eye Clot) ou cette vue panoramique de Beyrouth saisie depuis la mer, avec un ciel nuageux si étrange qu'il ressemble à un montage (photographe: Mazen Jannoun).

Donner une autre image du Liban, c'est ce que David Hury fait souvent sur son blog Chroniques Beyrouthines, dont les posts proposent régulièrement un ton plutôt décalé sur l'actualité ou le quotidien à Beyrouth. Il avait publié en 2008 avec Nathalie Bontems un livre tiré de ces chroniques numériques, intitulé "Jours tranquilles à beyrouth". Il y a quelques mois, il publie un nouveau livre, "Beyrouth sur écoute" (Amers Editions), dont il signe les textes et les photos, s'attachant aux aspects inattendus de la capitale. Un deuxième volume de Beyrouth sur écoute est d'ores et déjà prévu, incluant cette fois le travail de plusieurs auteurs et photographes. Cet ouvrage a en tout cas joué un rôle important dans la réalisation du projet Beirut Prints, qui a repris plusieurs photos du livre, répondant à la question de leur utilisation commerciale et de leur rentabilité.

Côté finance justement, un article du Commerce du Levant  indique que David Hury a investi environ 30000 dollars pour imprimer 5600 affiches, réaliser les tubes dans lesquelles elles sont vendues, ainsi que les stands de présentation installés sur les différents points de vente, tout ceci étant fabriqué exclusivement au Liban, ce qui n'a pas été évident: "J'ai failli devoir importer des tubes d'Espagne," confie l'entrepreneur, qui par ailleurs annonce préparer une nouvelle série d'affiches. "Je suis en permanence à la recherche de nouvelles images qui me taperaient dans l'œil" dit-il. Les photographes, professionnels comme amateurs, intéressés par la perspective de faire partie du projet, peuvent soumettre leur photos via la page Facebook de Beirut Prints  ou sur le site internet du projet. L'objectif est aussi de lancer une galerie virtuelle sur le web où acheteurs et collectionneurs pourront se procurer des tirages numérotés et signés par les photographes.

Le projet Beirut Prints est donc amené à s'étoffer et prendre de l'envergure. Certains dans la presse locale parlent de "pari fou". Nous, on a surtout trouvé ça beau, et plein de potentiel.
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