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Art de Vivre

Vins du Liban: Cultivons la diversité des cépages

BEYROUTH | fashionluma.com - Le 05 décembre 2015 à 11h22
Par Elodie Morel
Photo from Adyar Facebook page facebook.com/Adyar.lb/

Globalisation, mondialisation, uniformisation: et si cela concernait aussi les grands vins d’aujourd’hui?

A l’approche des fêtes, alors que nous nous  interrogions sur les nouveautés et tendances côté vin cette année, un œnologue a attiré notre attention sur un point qui nous avait échappé: en matière de vin, nos goûts sont formatés, depuis quelques années.

Frédéric Cacchia est depuis 2003 l’œnologue d’Adyar, les vins des monastères, cultivés depuis 2003 dans toutes les régions du Liban. Cet expert français nous confie qu’ "au Liban comme dans beaucoup de pays, les cépages (c’est à dire les variétés de raisins) utilisés sont importés. C’est parfois dommage, car du coup, aujourd’hui, le vin se résume principalement à quelques cépages : au Cabernet Sauvignon (le cépage le plus planté en Grèce ou en Turquie par exemple) et au Pinot noir pour le rouge. Et au Chardonnay, pour le blanc. De nombreuses variétés locales sont totalement oubliées. Même si toutes ne sont pas de même valeur, on pourrait en travailler quelques unes."

Pourquoi cette volonté de se focaliser sur ces cépages principaux ? Pour plaire au consommateur, en lui proposant des vins "faciles" à déguster. Attention, "facile" ne veut pas dire de moindre qualité. Cela signifie juste que ces vins sont plus accessibles en termes de saveurs et d’arômes. Leur omniprésence contribue à "formater" les goûts de ceux qui les dégustent.

L’œnologue explique que la mode du Cabernet par exemple, est née il y a une trentaine d’années, avec l’émergence de nouveaux pays producteurs comme les Etats-Unis.

"En Europe, on a toujours davantage insisté sur la terre et le travail de l’homme pour valoriser le vin. Outre-Atlantique, dans une logique toute commerciale, les producteurs ont pour leur part cherché à aller dans le sens des consommateurs, en évitant de leur proposer des vins peut-être plus intéressants, mais aussi plus compliqués."

Pour rester concurrentiels, de nombreux producteurs en Europe ont adopté la même stratégie.

C’est là que le  concept d’Adyar prend tout son sens. Frédéric Cacchia a rejoint le projet dès sa naissance en 2003.

"Depuis toujours au Liban, on pensait que les vins ici étaient cantonnés à la Bekaa", raconte-t-il. "Avec Adyar, et huit couvents implantés dans toutes les régions du pays et notamment en montagne, on a montré que l’on pouvait fabriquer du vin justement ailleurs que dans la Bekaa. On a ainsi également montré qu’un vin, ce n’est pas seulement un cépage, c’est aussi le résultat d’un terroir : un sol, un climat, et le travail des hommes." 

Tous les monastères d’Adyar représentent autant de climats différents.

"On a cherché pour chaque région le cépage le mieux adapté. Par exemple, à Mar Moussa, dans le Metn, on plante du Petit Verdot (rouge). A Jbeil, on cultive un cépage espagnol, le Tampranilo (rouge). Nous voulions finalement faire des vins qui mettraient eux–mêmes en avant leur région, de Batroun au Metn en passant par Zahlé," poursuit Frédéric Cacchia.

Les équipes d’Adyar ont également beaucoup travaillé sur la technique, en investissant dans des équipements très modernes.  

"Nous avons mis en place un système de traçabilité nous permettant de suivre un vin depuis la plantation du pied jusqu’à la bouteille posée sur la table. Et les normes que nous avons appliquées nous ont permis d’être les premiers producteurs de vin Bio au Liban," explique l’expert.

Une preuve supplémentaire que tradition et modernité peuvent faire bon ménage.

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#gastronomie, #GastronomieFrançaise, #Gastronomie_française, #Vin, #Vins_libanais
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